Histoire et généalogie de la Maison Geyer d’Orth
Voici un article historique complet et détaillé sur la maison Geyer d’Orth, rédigé fidèlement à partir des trois pages extraites du Dictionnaire de la Noblesse de François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois (Tome IX, pages 191 à 195).
L’orthographe des noms de lieux et de personnes a été préservée conformément au texte original du XVIIIe siècle pour en conserver toute la rigueur historique.
D’après le Dictionnaire de la Noblesse d’Aubert de La Chesnaye-Desbois (v. 1770)
La famille Geyer d’Orth est une illustre lignée d’origine suédoise dont l’histoire et les titres sont solidement établis par un précieux Mémoire. Ce document, dressé sur la base de diplômes, d’investitures de fiefs émanant des rois de Suède et des empereurs romains, d’extraits mortuaires, de contrats de mariage et de certificats de baptême traduits du suédois et de l’allemand, a été dument légalisé, vérifié et signé par le tabellion Dautrange à Soralle (Sarre) le 2 janvier 1772, sous le contrôle du contrôleur Grandjean.
Cette maison, qui a servi avec distinction les couronnes de Suède, de l’Empire, et plus tard de France, s’est illustrée par ses vertus militaires et ses alliances avec la haute noblesse européenne.
I. Les origines suédoises et l’anoblissement (XVIe siècle)
I. Jean-Adam de Geyer d’Orth
Le premier auteur connu de la lignée est Jean-Adam de Geyer d’Orth. Général-major de la cavalerie suédoise, il est anobli en 1533 par Gustave Ier, roi de Suède, des Goths et des Vandales. Cette distinction, accompagnée de toutes les franchises et prérogatives de la noblesse d’épée, d’armes et de marques d’honneur, lui fut accordée en récompense de ses services fidèles et distingués rendus dans les guerres à la Maison royale de Suède.
Il avait épousé Christine de Loewenhaupt, de qui il eut deux fils :
- Ulrich, qui suit.
- Jean, qui forma une branche qui suit.
II. Le service de l’Empire et les conflits du XVIIe siècle
II. Jean de Geyer d’Orth
Fils cadet du précédent, Jean de Geyer d’Orth devient Général-Feld-Maréchal sous les empereurs Ferdinand II, Ferdinand III et Léopold. En 1631, lors du terrible siège de la ville et de la citadelle de Magdebourg, il prit d’assaut la place et sauva la vie à une jeune comtesse de Rosenthal, âgée de 12 ans, qu’il trouva cachée sous un bois de lit dans le château des comtes de Rosenthal. Il la conduisit à Vienne, où l’Impératrice lui servit de mère pendant quatre ans. Il finit par l’épouser et eut d’elle trois fils (dont deux restèrent), à savoir :
- Adam, qui suit ;
- Et N… de Geyer d’Orth, lieutenant-colonel, tué près d’Ofen en Hongrie, sous les ordres de son père (fait authentifié par un grand parchemin en allemand daté de Raab le 14 juin 1696, scellé de cire vermeille, délivré par Jean-Sigifmond de Rothal, comte du Saint-Empire et chambellan de Moravie).
III. Adam de Geyer d’Orth
Fils du précédent, il fut Colonel propriétaire d’un régiment en Empire. Il épousa Judith-Eve, Baronne de Waldpot, dont la mère était une comtesse d’Auersberg. De ce mariage naquirent neuf garçons et deux filles. L’aîné des fils fut :
IV. Jean-Adam de Geyer d’Orth
Capitaine dans les Impériaux, il demeura et mourut à Birflatt en 1670. Sa haute noblesse est attestée par un certificat de Jean-Adam Moebus, pasteur de Birflatt, daté du 16 avril 1741 et légalisé par le bailliage de Wiesbaden. Il obtint de l’empereur Ferdinand III la confirmation et l’investiture du fief situé dans le Palatinat, près de Neustadt sur la Harth, nommé Wintzingen, avec la poste impériale en dépendante. Il est rappelé dans ses titres les services héroïques de ses aïeux, notamment la prise de Magdebourg. Il laissa pour fils unique :
III. La fixation en Lorraine et le rapprochement avec la France (XVIIIe siècle)
V. Jean-David de Geyer d’Orth
Capitaine de cavalerie en Empire, il perdit ses titres primitifs à cause des guerres. Soucieux de prouver sa descendance à sa Majesté le roi de Suède Charles XII, il obtint de ce prince un extrait des archives de ses anciens titres accordés en 1533 par Gustave Ier. Charles XII confirma cette ancienne extraction par un diplôme en langue suédoise expédié à Stockholm en 1701, où les armes de la famille sont peintes et blasonnées (diplôme signé par Charles XII et le comte Piper).
Jean-David avait épousé Marie-Thérèse de Felfenberg, de qui il eut quatre fils et une fille :
- Joseph-Henri, qui suit.
- Jean-David, capitaine des Cuirassiers au régiment de Caraffa en Empire. Quoique son frère aîné eût changé de religion, il vint le voir à Soralle en Lorraine, où celui-ci s’était établi. Il y resta quelque temps, se retira à Worms en Suisse, où il décéda le 29 décembre 1717.
- Rheinhard.
- Marie-Élisabeth, morte jeune.
- Marie-Thérèse, veuve du Baron de Born, lieutenant-colonel.
VI. Joseph-Henri de Geyer d’Orth
Quittant l’Allemagne en bas âge, il voyagea longtemps et vint s’établir en France. Il y changea de religion et se fit catholique. Devenu capitaine d’artillerie, il hérita, avec sa sœur cadette, de son frère Jean-David mort à Worms. Il décéda le 11 juillet 1730 et fut inhumé dans le chœur de l’église principale de Soralle, sous la tombe de sa seconde femme.
Il s’était marié deux fois :
- En premières noces (1702), avec Marie-Catherine des Indes.
- En secondes noces, avec Marie-Élisabeth de Colmann, fille du seigneur de Humbert, demeurant à Heilbreng.
Du premier lit naquit notamment :
VII. Henri-Étienne de Geyer d’Orth
Lieutenant dans le régiment d’Orléans, puis Aide-Major dans le corps de Kleinholtz. Il mourut chez son beau-père des suites de plusieurs blessures reçues au service de la France, le 15 janvier 1745.
Il avait épousé à Klingen-Munster, le 7 octobre 1738, Louise de Jungkennen, fille de Georges-Louis, Baron de Jungkennen, Münzer de Mohrenstamm, Grand-Bailli de Landeck au Palatinat, et d’Anne-Marie-Marguerite-Thérèse, Baronne de Frankenberg. De ce mariage ne resta qu’un fils :
VIII. Léopold-Henri de Geyer d’Orth
Reçu sur ses preuves faites à l’École Royale Militaire (suivant les lettres à lui adressées les 9 juillet et 23 octobre 1753 par M. de la Galaizière, Chancelier de Lorraine, et M. Paris-du-Vernet). Il servit en qualité de Lieutenant au régiment de la Marck (infanterie allemande), où il fut réformé.
Il épousa le 1er juillet 1765 Marie-Marguerite de Heyffen, fille de Thomas, Chevalier du Saint-Empire, et de feu Hélène de Chardon-de-Peilling. Dans les années 1770, le couple avait deux filles :
- Anne-Louise, née le 17 février 1766.
- Marguerite, née le 23 juin 1767.
IV. Armoiries de la famille
Les armes de la maison Geyer d’Orth se blasonnent ainsi :
« D’argent, au chevron de sable, chargé en pointe d’un Geyer ou Vautour de même, membré & langué de gueules ; l’écu timbré d’un casque ouvert. »
- Cimier : Un homme issant, entre un vol d’argent et de sable, à tête nue et cheveux d’or, cuirassé, tenant de la main droite une épée nue, en pal, et la main gauche appuyée sur la hanche.
- Lambrequins : D’argent et de sable.
Ces armes sont notamment visibles sur la tombe de Joseph-Henri de Geyer d’Orth, inhumé dans la principale église de Soralle, près de Sarreguemines en Lorraine.