Madagascar au temps de la colonisation française
Préambule
En 1919, alors que l’Europe pansait à peine les plaies de quatre années de guerre et que la Russie, sa patrie de naissance, sombrait dans la guerre civile, mon grand-père, Grigori Ivanovitch Geyer — que l’on connaissait sous le nom francisé de Georges de Gueyer — s’embarquait pour Madagascar. Il y rejoignait son affectation d’officier au sein du 22e bataillon de tirailleurs malgaches, l’une de ces unités coloniales dont l’histoire, moins célèbre que celle de leurs homologues sénégalais, mérite pourtant d’être racontée.
Il n’était pas seul. Il avait épousé ma grand-mère, Hélène Bérednikovna, et c’est jeune mariée qu’elle le suivit sur la Grande Île, jusqu’à la base de Diego-Suarez, à l’extrême nord du pays — un voyage qui, pour un couple de cette époque, tenait autant de l’aventure conjugale que du devoir militaire. Pendant cette année 1919, Diego-Suarez fut donc le décor inattendu des premiers temps de leur vie commune : une rade immense battue par l’alizé, une ville de garnison cosmopolite, des casernes blanches sous le soleil du tropique, loin des tranchées mais non loin, encore, de l’onde de choc du conflit qui venait de s’achever. Car le bataillon qu’il rejoignait vivait alors ses derniers mois : rapatriés de métropole par vagues tout au long de 1919, les tirailleurs malgaches étaient démobilisés, et les bataillons numérotés dissous les uns après les autres — les derniers éléments furent liquidés entre la fin de 1919 et le courant de 1920. Servir au 22e bataillon en 1919, c’était donc accompagner la fin d’une aventure : celle des quelque 46 000 Malgaches partis servir la France.
Cette parenthèse malgache prit fin avec la démobilisation : Georges et Hélène rentrèrent alors en France et s’installèrent à Nice, où allait se poursuivre le reste de leur histoire.
Une précision liminaire s’impose : il n’a jamais existé, dans l’organigramme officiel des troupes coloniales, d’unité portant exactement le nom de « 22e Bataillon Colonial de Madagascar ». Cette appellation, qu’on rencontre sur des états de service ou des correspondances de l’époque, désigne en réalité le 22e bataillon de tirailleurs malgaches (22e BTM), l’un des vingt-six bataillons levés dans la Grande Île entre 1916 et 1918. C’est de cette unité — et surtout du monde dans lequel elle s’inscrivait : le Madagascar colonial des années 1900-1920 — que traite le présent article. Les archives propres du bataillon (journal des marches et opérations) étant peu accessibles en ligne, son histoire se reconstitue par recoupement entre les faits attestés le concernant et l’histoire, bien documentée, de l’ensemble des bataillons malgaches et de la colonie.
Aux origines de la colonisation française de Madagascar (1885-1905)
Lorsque la France jette son dévolu sur Madagascar dans le dernier quart du XIXe siècle, l’île n’est pas une terre sans État. Depuis le début du siècle, le royaume merina, établi sur les hautes terres autour de Tananarive, a unifié sous son autorité — parfois théorique — les deux tiers de l’île. Doté d’une administration, d’une armée, d’écoles missionnaires protestantes et d’un premier ministre tout-puissant, Rainilaiarivony, qui épouse successivement trois reines, ce royaume est reconnu par les puissances européennes. Mais il est aussi l’objet de leurs convoitises, dans le grand partage du monde qui s’accélère après 1880.
Une première expédition française (1883-1885) aboutit au traité du 17 décembre 1885, qui établit un protectorat flou sur l’île et — clause lourde d’avenir pour notre récit — autorise la France à occuper la baie de Diego-Suarez, dans l’extrême nord. C’est la naissance de la future base navale. Le royaume merina n’appliquant guère le traité, et l’Angleterre ayant reconnu en 1890 la prééminence française sur l’île (en échange de la reconnaissance du protectorat britannique sur Zanzibar), Paris se décide à l’épreuve de force. En 1895, un corps expéditionnaire de près de 15 000 hommes débarque à Majunga, sur la côte ouest, et remonte vers les hauts plateaux. La campagne est militairement aisée mais sanitairement désastreuse : le paludisme et la typhoïde tuent près de 6 000 soldats français, contre quelques dizaines tombés au combat. Le 30 septembre 1895, la colonne du général Duchesne s’empare de Tananarive ; la reine Ranavalona III se soumet et un protectorat véritable est imposé le 1er octobre.
L’année suivante, tout bascule. L’autorité de la reine s’effondre, une grande insurrection — celle des Menalamba, les « toges rouges » — embrase l’Imerina, et Paris tranche : la loi du 6 août 1896 déclare Madagascar colonie française. En septembre 1896, le général Gallieni débarque, investi des pleins pouvoirs civils et militaires. Il frappe vite et fort : en octobre 1896, le prince Ratsimamanga et le ministre Rainandriamampandry, accusés de complicité avec la rébellion, sont jugés, condamnés à mort et publiquement fusillés. Dans la nuit du 28 février 1897, la reine elle-même est arrêtée et exilée — d’abord à La Réunion, puis à Alger, où elle mourra en 1917. La monarchie merina, vieille d’un siècle, est abolie ; l’esclavage intérieur l’est également, mesure qui bouleverse la société des hautes terres.
Gallieni, gouverneur général jusqu’en 1905, applique alors à Madagascar les méthodes qu’il rodera plus tard au Maroc avec son disciple Lyautey : la « tache d’huile », combinaison de colonnes militaires, de postes fixes, d’écoles, de marchés et de routes, censée gagner les populations par les services autant que par la force ; et la « politique des races », qui consiste à s’appuyer sur les particularismes locaux — notamment sur les peuples côtiers — pour briser l’ancienne hégémonie merina. Cette politique laisse des traces durables : elle attise la rivalité entre gens des hauts plateaux et « côtiers », clivage qui structurera la vie politique malgache pendant tout le XXe siècle.
La « pacification » proprement dite dure près de dix ans, de 1896 à 1905, et son coût humain est considérable : outre les combats, les famines et les épidémies qui accompagnent les déplacements de populations font, selon les estimations des historiens, de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de milliers de morts. C’est dans ce cadre que sont créés, dès avant 1900, les régiments de tirailleurs malgaches — auxiliaires indigènes recrutés sur place, encadrés par des officiers français — qui serviront d’ossature au système militaire colonial de l’île, et dont les bataillons de la Grande Guerre seront les héritiers directs.
Le 22e bataillon dans la Grande Guerre : un résumé
L’histoire militaire du 22e BTM pendant la Première Guerre mondiale peut être résumée en quelques traits, car elle est celle de presque tous les bataillons malgaches : une histoire de travail, d’attente et de maladie plus que de combats.
Madagascar fournit à la France en guerre un effort humain considérable : environ 46 000 hommes, dont plus de 41 000 dans les unités militaires, la grande levée de 1917 apportant à elle seule quelque 32 000 recrues — engagés volontaires attirés par la prime, mais aussi requis désignés par les communautés villageoises (fokonolona). Ces hommes furent organisés en vingt-six bataillons de tirailleurs malgaches numérotés, créés entre 1916 et 1918 ; le 22e appartient à la vague des formations de 1917. Un bataillon type comptait un état-major et quatre compagnies, soit un millier d’hommes : tirailleurs et gradés indigènes (rarement au-delà du grade de sergent), cadres européens venus des régiments coloniaux.
À la différence des bataillons sénégalais, les bataillons malgaches ne furent presque jamais des unités combattantes. Fin 1917, sur vingt-deux bataillons présents en France, quinze étaient affectés à des travaux de génie dans la zone du front, quatre aux services de l’arrière, trois détachés dans les usines de guerre. Un seul — le 12e BTM, engagé dans l’Aisne — vit réellement le feu comme unité constituée. Les autres, dont le 22e, furent des bataillons d’étapes : terrassements, routes, dépôts de munitions, gardes de prisonniers, poudreries, manutentions portuaires. En 1918, près de 15 000 tirailleurs malgaches furent en outre versés dans l’artillerie, notamment lourde, comme conducteurs et servants.
Pour le 22e BTM proprement dit, la trace documentaire la plus solide accessible en ligne se trouve dans un cimetière : le carré militaire de Boismoreau, à Vannes (Morbihan), abrite les tombes d’une quinzaine de ses tirailleurs — les caporaux Rabetanivao et Razakanoro, les soldats Mahasampo, Rabako, Rafiringa, Razava le clairon et leurs camarades — tous morts « pour la France » en 1917 et 1918 dans les hôpitaux de la place. Cette concentration indique que le bataillon, ou une fraction importante, tint garnison dans la région de Vannes, employé à la garde des dépôts et des prisonniers et aux travaux de l’arrière, selon le schéma général des unités malgaches stationnées dans l’Ouest.
Car l’ennemi principal du tirailleur malgache ne fut pas l’Allemand, mais le climat et la maladie : plus des trois quarts des morts malgaches de la guerre (76,9 %) succombèrent à la pneumonie, à la tuberculose puis à la grippe espagnole, et non au combat. Le Var, où se trouvaient les grands camps d’instruction de Fréjus et de Saint-Raphaël, compte à lui seul plus de tombes malgaches que n’importe quel champ de bataille. Comme les Sénégalais, les Malgaches étaient soumis à l’« hivernage » : retirés chaque hiver vers le Midi. La mer aussi fut meurtrière : le torpillage du paquebot Djemnah, le 14 juillet 1918, engloutit en une nuit 190 tirailleurs malgaches. Au total, le contingent malgache perdit environ 3 100 morts ou disparus, davantage encore si l’on compte tous les décès de maladie, et 1 800 blessés.
L’armistice ne mit pas fin au calvaire : près d’un quart des décès survinrent après le 11 novembre 1918, dans les camps de regroupement du Midi où les bataillons, faute de navires, attendirent parfois plus d’un an leur rapatriement. Les retours s’échelonnèrent sur toute l’année 1919, les bataillons étant dissous au fur et à mesure ; les derniers éléments furent liquidés entre la fin de 1919 et 1920 — c’est cette phase finale, la liquidation du bataillon et le retour du dispositif militaire à son organisation de paix, que connut Georges de Gueyer à Diego-Suarez.
Troubles intérieurs et opérations de pacification (1896-1920)
Si le 22e BTM en tant que tel ne fut créé qu’en 1917, les régiments de tirailleurs malgaches dont il est issu — ceux de Tananarive, de Tamatave et de Diégo-Suarez — furent, eux, des instruments constants du maintien de l’ordre colonial. Comprendre à quelles opérations une telle unité, ses cadres ou ses hommes ont pu participer avant et après la guerre, c’est parcourir la chronique des résistances malgaches.
La révolte des Menalamba (1895-1898)
La première et la plus grave éclate avant même l’annexion : dès la fin de 1895, les Menalamba (« toges rouges »), insurgés traditionalistes de l’Imerina, se soulèvent à la fois contre l’envahisseur français, contre les missions chrétiennes et contre une monarchie jugée compromise. Villages incendiés, missionnaires tués, colonnes harcelées : l’insurrection tient la campagne autour de Tananarive pendant deux ans. C’est pour la briser que Gallieni reçoit les pleins pouvoirs ; la répression — exécutions publiques, colonnes mobiles, quadrillage par postes — vient à bout du mouvement au début de 1897, même si des bandes restent actives jusqu’en 1898. Les tirailleurs malgaches, aux côtés des tirailleurs sénégalais et algériens amenés par le corps expéditionnaire, y font leurs premières armes au service de la France.
La conquête du Sud (1897-1905)
La « pacification » se déplace ensuite vers l’ouest et le sud, pays sakalava, bara, mahafaly et antandroy, où l’autorité merina n’avait jamais été qu’une fiction et où l’autorité française devait tout construire. Colonnes après colonnes, les militaires soumettent ces immensités semi-arides ; la dernière grande insurrection du sud-est (1904-1905), qui embrase les pays tanala et antaisaka et coûte la vie à plusieurs colons et miliciens, est écrasée en 1905, année où le général Gallieni quitte l’île en la déclarant « pacifiée ». Les régiments de tirailleurs malgaches fournissent l’essentiel des effectifs de ces opérations, sous les ordres d’officiers coloniaux français.
Les Sadiavahe (1915-1917)
La Grande Guerre ranime les braises. Dans l’extrême sud, entre Ampanihy et Tsiombe, sur les rives de la Menarandra, le mouvement des Sadiavahe (littéralement « ceux dont le pagne est fait de lianes ») agite de 1915 à 1917 les pays antandroy, mahafaly et karimbola : bandes insaisissables qui razzient les bœufs, coupent les lignes télégraphiques et défient l’impôt de capitation, alourdi par l’effort de guerre. Révolte anticoloniale pour les uns, banditisme social pour les autres, le phénomène mobilise plusieurs compagnies de tirailleurs et de gardes indigènes dans des opérations de contre-guérilla épuisantes, faites de poursuites, de prises d’otages et de soumissions négociées. C’est la dernière opération de « pacification » d’envergure menée sur l’île avant les années 1940 — et il n’est pas impossible que des cadres passés ensuite au 22e BTM y aient servi.
L’affaire de la VVS (1915-1916)
Sur les hauts plateaux, la contestation prend un tout autre visage : celui, moderne, du nationalisme lettré. En 1913, de jeunes élèves de l’École de médecine de Tananarive fondent une société secrète, la Vy Vato Sakelika (« Fer, Pierre, Ramification »), la VVS, qui rêve de régénération de la nation malgache par l’instruction et l’hygiène autant que d’émancipation politique. Fin 1915, sur fond de guerre et de rumeurs de complot contre la sûreté de l’État, l’administration frappe : des centaines d’arrestations, un grand procès en 1916, des condamnations aux travaux forcés — certains meurent au bagne. Les condamnés seront libérés à partir de 1918 et amnistiés en 1922, mais l’affaire, disproportionnée, laisse un profond ressentiment dans l’élite merina. Ici, point d’opération militaire : c’est la police et la justice indigène qui œuvrent ; mais la garnison de Tananarive est tenue en alerte, et l’épisode montre que l’ordre colonial, en 1915 comme en 1920, se sentait fragile.
L’après-guerre : une île calme sous surveillance
Au retour des tirailleurs, en 1919-1920, l’île est calme. Les anciens combattants — les zanaka ampielezana, « enfants dispersés » — sont fêtés à Tananarive et dans les ports, décorés, pensionnés ; mais l’administration les surveille, consciente que quatre années passées en France, à voir des Blancs pauvres, des ouvriers en grève et des camarades blancs mourir comme eux, ont ébranlé le prestige de la race dominatrice sur lequel reposait l’édifice colonial. La garnison reprend son organisation d’avant-guerre — bataillons de Tananarive et de Diégo-Suarez, régiments de tirailleurs malgaches — et ne mènera plus d’opérations de pacification : les décennies suivantes seront celles de la contestation politique, non de la guérilla, jusqu’à l’insurrection de 1947.
Le code des troupes coloniales et le traitement des soldats indigènes (1900-1920)
Textes et manuels à l’usage des officiers
Le service dans les troupes coloniales de Madagascar était régi par un empilement de textes : décrets organiques sur les troupes coloniales (notamment la grande loi de 1900 qui les rattache au ministère de la Guerre), arrêtés du gouverneur général sur le recrutement des tirailleurs, règlements de discipline — et, pour la population civile indigène, le fameux code de l’indigénat, promulgué à Madagascar par arrêté du 1er décembre 1901 sur le modèle en vigueur ailleurs dans l’empire. Ce régime d’exception permettait à tout administrateur d’infliger sans jugement amendes et jours de prison pour des infractions spécifiques aux indigènes (défaut d’impôt, refus de prestation, « manque de respect »), et de procéder à des réquisitions de main-d’œuvre. Le tirailleur, engagé sous les drapeaux, échappait partiellement à ce régime civil — l’uniforme conférait un statut, une solde et des droits à pension — mais il restait un sujet français, non un citoyen.
Pour former les cadres, l’armée produisait de véritables « modes d’emploi » du soldat indigène. Le Service historique de la Défense conserve ainsi un manuel joint aux journaux des marches et opérations, rédigé vers 1900 « à l’usage des gradés européens servant dans les régiments de tirailleurs malgaches ». Après la guerre, l’État-major de l’armée publia un Manuel élémentaire à l’usage des officiers et sous-officiers appelés à commander des indigènes coloniaux (Indochinois – Sénégalais – Malgaches) dans la métropole, dont le fascicule n° 3, consacré aux Malgaches (édition d’octobre 1923, réimprimée en 1931), codifie l’expérience de la Grande Guerre. Ces manuels mêlent conseils pratiques (alimentation à base de riz, protection contre le froid, hygiène, correspondance avec les familles) et véritable ethnographie de commandement, décrivant le « caractère » supposé de chaque race et la manière de la commander.
La « politique des races » appliquée à l’armée
Car l’armée coloniale pensait par « races », au sens que ce mot avait alors. La doctrine, héritée de Gallieni et systématisée par le général Mangin dans La Force noire (1910), classait les peuples de l’empire en « races guerrières » et « races douces ». Les Malgaches, dans cette hiérarchie imaginaire, étaient rangés parmi les seconds : on les disait intelligents, dociles, adroits, sobres et appliqués, mais peu portés à l’assaut — à l’inverse des Sénégalais, réputés « troupes de choc ». Ce préjugé collectif décida du sort des bataillons : aux Sénégalais les tranchées, aux Malgaches les chantiers, les usines et les batteries d’artillerie, où leur soin et leur instruction faisaient merveille. Il faut y insister : ce n’est pas la valeur des hommes qui cantonna le 22e BTM aux travaux de l’arrière, mais une taxinomie raciale forgée dans les bureaux de l’état-major.
À l’intérieur même du contingent malgache, les officiers distinguaient les « races » de l’île, et les manuels leur en dressaient le portrait. Les Hova (Merina) des hauts plateaux, souvent alphabétisés dans les écoles des missions, parfois francophones, fournissaient les secrétaires, comptables, infirmiers, téléphonistes et la plupart des gradés indigènes ; on se méfiait pourtant d’eux politiquement, l’affaire de la VVS ayant convaincu l’administration que l’élite merina nourrissait des arrière-pensées nationalistes. Les Betsileo, cultivateurs réputés endurants et disciplinés, étaient tenus pour d’excellents travailleurs. Les « côtiers » — Betsimisaraka de l’est, Sakalava de l’ouest, Antandroy et Mahafaly du sud —, jugés plus frustes mais plus robustes, étaient volontiers versés dans les emplois de force. Ces stéréotypes, répétés de notice en notice, décidaient des affectations, des grades et parfois des punitions : c’était la « politique des races » transposée dans la cour du quartier.
La condition du tirailleur
Concrètement, le tirailleur malgache des années 1900-1920 servait sous un régime distinct et inférieur à celui du soldat français. Sa solde était plusieurs fois moindre que celle d’un soldat européen de même grade, complétée par des primes d’engagement (200 francs lors de la levée de 1917, quand le recruteur touchait, lui, 2 francs par homme). Son avancement plafonnait en pratique au grade de sergent ; les rares adjudants indigènes faisaient figure d’exception, et l’idée même d’officiers malgaches restait taboue — sur 3 744 morts natifs de Madagascar recensés pour la Grande Guerre, on compte 2 officiers et 65 sous-officiers. L’encadrement se voulait paternaliste : l’officier devait être « le père du tirailleur », apprendre quelques mots de malgache, respecter les fady (interdits) alimentaires et funéraires, veiller au riz quotidien et au moral, favoriser l’écriture aux familles — et la censure lisait les lettres. La discipline, elle, restait rude, avec ses punitions corporelles officieuses et ses conseils de guerre.
La guerre révéla aussi les limites sanitaires du système : l’hécatombe des camps du Var — pneumonies, tuberculose, grippe — obligea le commandement à instituer l’hivernage, à distribuer capotes et couvertures supplémentaires, à créer des hôpitaux spécialisés pour coloniaux. Elle ouvrit enfin quelques droits : pensions, décorations, exemptions d’impôt pour les anciens combattants, accès facilité à la naturalisation pour une poignée d’entre eux. Mais l’essentiel demeura : en 1920, l’ancien tirailleur redevenait un « indigène », soumis à l’impôt de capitation et aux prestations de travail, dans une colonie qui ne lui reconnaissait aucun droit politique. C’est de cette contradiction — avoir été bon pour mourir, sans être bon pour voter — que naîtra le nationalisme des anciens combattants, dont Jean Ralaimongo sera la figure emblématique.
Madagascar en 1920 : la vie sur la Grande Île
Une colonie d’administration
Le Madagascar où débarquent Georges et Hélène en 1920 est une colonie d’environ 3,5 millions d’habitants, administrée depuis Tananarive par un gouverneur général — Hubert Garbit, revenu cette année-là pour un second mandat après avoir dirigé l’île pendant la guerre — assisté d’une hiérarchie de chefs de province, de district et de canton. Les Européens y sont remarquablement peu nombreux : quelque 15 000 à 20 000 personnes, fonctionnaires, militaires, missionnaires, commerçants et colons, concentrées à Tananarive, dans les ports et sur quelques terroirs de colonisation. À la base de l’édifice, l’administration s’appuie sur les fokonolona, les communautés villageoises traditionnelles, placées sous tutelle en 1902 et transformées en rouages du système : c’est par elles que passent l’impôt, les prestations de travail et, pendant la guerre, le recrutement.
L’économie de l’île reste rurale et vivrière — riz des hautes terres, zébus par millions, pêche et cueillette — mais la colonisation a greffé dessus une économie d’exportation : café, vanille, girofle, raphia, graphite (dont la guerre a dopé la production), or des placers, viande frigorifiée des nouvelles conserveries. Le chemin de fer Tananarive-Côte Est (TCE), achevé en 1913, relie la capitale au port de Tamatave ; la ligne sera prolongée vers le lac Alaotra et Antsirabe dans les années 1920, tandis que l’automobile commence tout juste à s’aventurer sur les pistes. Les grandes maisons de commerce — marseillaises, réunionnaises, indiennes et chinoises pour le détail — tiennent la traite des produits ; le petit colon, lui, vivote souvent, et l’île ne sera jamais une vraie colonie de peuplement.
Deux réalisations font l’orgueil de l’administration : l’Assistance médicale indigène, réseau d’hôpitaux et de dispensaires desservi par les médecins malgaches formés à l’École de médecine de Tananarive, et l’école — écoles officielles laïques et immense réseau des missions, protestantes (anglaises et norvégiennes) sur les plateaux, catholiques ailleurs. Madagascar est ainsi, paradoxe colonial, l’une des possessions les plus alphabétisées de l’empire, en malgache au moins ; c’est de ses écoles et de son École de médecine que sortira l’élite nationaliste. La vie quotidienne des Européens, elle, suit les rites de toutes les colonies : maisons à varangue, domesticité nombreuse, clubs, tennis et champs de courses, quinine quotidienne, courrier de France attendu à chaque paquebot des Messageries Maritimes — un monde étroit, hiérarchisé, où l’on se reçoit entre soi et où une jeune Russe fraîchement débarquée pouvait à la fois tout étonner et s’étonner de tout.
La mosaïque ethnique et la question merina
La population malgache, d’origine mêlée austronésienne et africaine — les ancêtres des Malgaches sont venus de Bornéo par vagues, il y a plus d’un millénaire, puis se sont mêlés d’apports bantous, arabes et indiens —, se répartit officiellement en dix-huit « tribus » que l’administration coloniale a figées en catégories : Merina des hautes terres centrales ; Betsileo du sud des plateaux ; Betsimisaraka de la côte orientale ; Sakalava de l’ouest ; Tsimihety du nord ; Antankarana de l’extrême nord ; Antandroy, Mahafaly et Bara du grand sud ; Antaimoro, Antaisaka, Tanala de la côte sud-est, et d’autres encore. Tous parlent des dialectes d’une même langue, le malgache — fait unique en Afrique pour une île de cette taille —, mais les différences de mode de vie sont profondes entre le riziculteur merina, le pasteur de zébus antandroy et le pêcheur vezo.
Sur cette mosaïque, la colonisation a plaqué sa « politique des races ». Officiellement, il s’agit d’administrer chaque peuple selon ses coutumes et de le protéger de la domination des autres ; en pratique, il s’agit surtout d’abaisser les Merina, anciens maîtres de l’île, tout en utilisant leurs compétences — car l’administration ne peut se passer de leurs lettrés, qui peuplent les bureaux, les écoles et les dispensaires jusque dans les provinces côtières. Il en résulte une situation ambiguë : les Merina fournissent l’essentiel des cadres subalternes de la colonie et concentrent l’essentiel de sa méfiance politique ; les côtiers sont flattés comme contrepoids, mais négligés dans les investissements. En 1920, ce jeu de bascule est déjà bien rodé, et il pèsera sur toute l’histoire ultérieure du pays.
Un frémissement politique
Politiquement, l’année 1920 est une année charnière, calme en surface, travaillée en profondeur. La répression de la VVS a décapité la première génération nationaliste, mais ses condamnés sortent du bagne ; les 40 000 anciens tirailleurs et travailleurs rentrés de France forment un nouveau public, dessillé, qui compare sa solde d’hier à son impôt d’aujourd’hui. En métropole même, un vétéran betsileo, l’instituteur Jean Ralaimongo, fonde avec quelques autres la Ligue française pour l’accession des indigènes de Madagascar aux droits de citoyens français, et fréquente à Paris les milieux anticolonialistes — il partagera un temps le militantisme, sinon le toit, du jeune Nguyen Ai Quoc, futur Hô Chi Minh. Le mot d’ordre de cette génération n’est pas encore l’indépendance, mais la citoyenneté : que la France tienne les promesses au nom desquelles les Malgaches sont morts dans le Var et sur l’Aisne. Le refus obstiné qu’on lui opposera fera le lit du nationalisme des années 1930 et, plus tard, de l’insurrection de 1947.
Le Nord de l’île : Diego-Suarez et sa région
Une géographie spectaculaire
L’extrême nord de Madagascar, où servit Georges de Gueyer, est un monde à part, séparé du reste de l’île par les massifs du Tsaratanana — point culminant de Madagascar, à près de 2 900 mètres — et longtemps accessible surtout par la mer. À la pointe septentrionale, le cap d’Ambre s’avance entre le canal du Mozambique et l’océan Indien, battu par des vents constants. Juste au sud s’ouvre la merveille géographique qui a décidé de tout : la baie de Diego-Suarez, l’une des plus vastes rades naturelles du monde, aux rivages intérieurs profondément découpés, communiquant avec l’océan par une passe unique, étroite et défendable, semée de baies secondaires et dominée par le « Pain de Sucre », îlot conique sacré pour les Antankarana. Pour une marine de guerre, c’est un abri parfait ; les stratèges du XIXe siècle disaient que « toutes les flottes du monde pourraient y mouiller ensemble ».
Au sud de la baie se dresse la montagne d’Ambre, volcan éteint culminant à 1 475 mètres, couvert d’une forêt pluviale dense, sombre et fraîche, qui condense les nuages et arrose une région autrement marquée par une longue saison sèche. Ses eaux alimentent la ville et permettent, sur ses pentes, cultures maraîchères et plantations — café, puis plus tard cacao et ylang-ylang dans la région et sur l’île voisine de Nosy Be, déjà célèbre pour ses essences à parfum. Le contraste est saisissant entre cette oasis forestière, la savane à baobabs qui l’entoure et, plus à l’ouest, les étranges cathédrales de calcaire ruiniforme — les tsingy — du pays antankarana. Le climat de Diego-Suarez est chaud toute l’année, rythmé par l’alternance de la saison des pluies (novembre-avril, avec ses cyclones) et d’une saison sèche ventilée par le varatraza, l’alizé du sud-est qui souffle des mois durant.
Humainement, l’extrême nord était avant la colonisation l’un des espaces les moins peuplés de l’île : pays des Antankarana, « le peuple des rochers », pasteurs et pêcheurs islamisés de longue date par leurs contacts avec les Comores et la côte swahilie, passés au XVIIIe siècle sous la suzeraineté des royaumes sakalava de l’ouest, puis réfugiés dans leurs tsingy face aux armées merina. Le vide relatif de la région explique le caractère artificiel — et cosmopolite — du peuplement de la ville coloniale.
Diego-Suarez, ville de garnison cosmopolite
Occupée par la France dès 1885, une décennie avant le reste de l’île, Diego-Suarez (aujourd’hui Antsiranana) est l’unique ville de Madagascar créée de toutes pièces par la colonisation. Déclarée « point d’appui de la flotte » en 1900, elle est fortifiée entre 1900 et 1905 par un colonel du génie promis à quelque célébrité : Joffre, le futur vainqueur de la Marne, qui couvre les hauteurs de batteries et de retranchements. Suivent l’arsenal, le quartier militaire, l’hôpital, et le grand bassin de radoub de près de deux cents mètres, inauguré en 1916. Pour bâtir et faire vivre tout cela, l’administration fait venir des travailleurs de tout l’empire — Kabyles, Indochinois, Chinois, Indiens, Comoriens, Réunionnais créoles — qui se fixent aux côtés des marins bretons, des légionnaires, des tirailleurs sénégalais et malgaches : « Diego la sévère » devient la plus cosmopolite des villes malgaches, avec ses rues en damier, ses bars et ses dancings, sa Résidence et ses messes comme ses mosquées.
C’est dans ce décor que vécurent Georges et Hélène en 1920 : une ville d’environ 10 000 à 15 000 âmes, tout entière organisée autour de la marine et de la garnison — le bataillon d’infanterie coloniale de Diégo-Suarez, les tirailleurs malgaches, l’artillerie de côte, les services de l’arsenal. La vie y était celle d’un port militaire des tropiques : revues et salves, escales de paquebots et de croiseurs, chaleur, cyclones et varatraza, chasse aux environs, bains de mer à Ramena, potins de cercle militaire et nostalgie des lointains. Fait piquant pour un couple de Russes : le nord de Madagascar avait accueilli en 1904-1905, pendant la guerre russo-japonaise, l’escadre de l’amiral Rojestvensky faisant route vers Tsushima, mouillée de longues semaines à Nossi-Bé — les vieux habitants de 1920 se souvenaient encore des marins russes. La ville, enfin, n’était pas qu’une caserne : par ses marins et ses dockers circulaient hommes et idées, et c’est à Diego-Suarez que Jean Ralaimongo fera plus tard diffuser tracts et journaux — l’un des foyers du premier anticolonialisme malgache, au cœur même du dispositif militaire français.
Les principales villes de Madagascar vers 1920
Tananarive (Antananarivo), la capitale, est de très loin la première ville de l’île, avec environ 70 000 à 80 000 habitants. Perchée sur ses collines à 1 300 mètres d’altitude, au cœur des rizières de l’Imerina, elle superpose les époques : le Rova, palais des reines qui domine la ville haute ; les temples protestants et les maisons de brique rouge à colonnades de la bourgeoisie merina ; et, depuis la conquête, les avenues, arcades et bâtiments officiels de la ville coloniale française. Siège du gouvernement général, de l’état-major, de l’École de médecine et des grands lycées, elle est le cerveau de la colonie — et le foyer de toutes ses fièvres politiques.
Tamatave (Toamasina), sur la côte orientale, est le premier port de commerce, tête de ligne du chemin de fer TCE et porte d’entrée des voyageurs venant de France. Ville basse, moite et cyclonique, alignée entre lagune et océan derrière son récif, elle vit du café, de la vanille et du girofle qui descendent des plateaux et de la falaise betsimisaraka. Majunga (Mahajanga), à l’embouchure de la Betsiboka sur la côte nord-ouest, est le grand port du canal du Mozambique, vieux comptoir swahili et antalaotra où se mêlent Sakalava, Comoriens et une très importante colonie indienne ; c’est là qu’avait débarqué le corps expéditionnaire de 1895, et là qu’embarquèrent nombre de tirailleurs de la Grande Guerre.
Diégo-Suarez, on l’a vu, est la ville militaire. Fianarantsoa, « la ville où l’on apprend le bien », capitale du pays betsileo fondée au XIXe siècle sur le modèle de Tananarive, est le grand centre intellectuel et missionnaire du sud des plateaux, entourée de vignobles naissants et de rizières en terrasses. Antsirabe, ville d’eaux des hautes terres à la fraîcheur réputée, accueille thermes et sanatorium — les coloniaux y viennent « refaire leur sang ». Sur les côtes, Tuléar (Toliara) dessert le sud-ouest aride et ses pays mahafaly et vezo ; Fort-Dauphin (Taolagnaro), la plus ancienne implantation française de l’île (1643), veille sur l’extrême sud-est ; Hell-Ville enfin, sur l’île de Nosy Be — française dès 1841 —, embaume l’ylang-ylang et la canne, avec ses distilleries et sa sucrerie, escale parfumée du nord-ouest. Toutes ces villes réunies pèsent peu : en 1920, plus de neuf Malgaches sur dix vivent aux champs, entre rizière, troupeau et tombeau des ancêtres.
Conclusion — De 1920 à la Seconde Guerre mondiale
Que devint la Grande Île après le départ de Georges et Hélène ? Les années 1920 furent celles de la « mise en valeur » : sous les gouverneurs Garbit puis Marcel Olivier, la colonie s’équipe — routes, rails vers Antsirabe et le lac Alaotra puis, dans les années 1930, de Fianarantsoa à la côte, ports, hôpitaux. Mais cette modernisation repose sur une institution qui dit tout du système : le SMOTIG, créé en 1926, « service de la main-d’œuvre pour les travaux d’intérêt général », qui transforme le service militaire des non-recrutés en travail obligatoire sur les chantiers publics. Douze mille Malgaches y peinent en permanence ; le Bureau international du travail dénonce ce travail forcé déguisé, en vain. L’impôt, les prestations et l’indigénat continuent d’encadrer la vie quotidienne, tandis que café, vanille et girofle enrichissent la traite coloniale — jusqu’à ce que la crise mondiale des années 1930 vienne étrangler producteurs et petits colons.
Politiquement, la génération des anciens combattants passe à l’action. Jean Ralaimongo, revenu au pays, multiplie journaux et pétitions pour la citoyenneté et contre l’indigénat, avec ses compagnons Paul Dussac et Joseph Ravoahangy, l’ancien de la VVS. Le 19 mai 1929, à Tananarive, une réunion interdite tourne à la première grande manifestation nationaliste de l’histoire malgache : plusieurs milliers de personnes défilent aux cris de « Madagascar aux Malgaches ! » ; la répression — procès, relégations, années de résidence surveillée pour Ralaimongo et Ravoahangy — radicalise le mouvement, qui glisse de la revendication d’égalité à celle d’indépendance. Le Front populaire, en 1936, apporte une brève embellie : amnisties, droit syndical embryonnaire, projets de réforme de l’indigénat, avant que tout ne se referme.
Puis la guerre revient. En 1939-1940, Madagascar mobilise de nouveau ses tirailleurs : des dizaines de milliers de Malgaches partent pour la France, où beaucoup connaîtront la campagne de 1940, la captivité — et pour certains, plus tard, la Résistance. Après l’armistice, l’île se range sous l’autorité de Vichy, et sa position stratégique fait d’elle un enjeu mondial : craignant que la base de Diego-Suarez ne soit livrée aux sous-marins japonais, les Britanniques déclenchent le 5 mai 1942 l’opération Ironclad — débarquement dans les baies du Courrier et d’Ambararata, à l’ouest du cap, puis assaut sur la ville. Les défenseurs français et malgaches résistent deux jours ; les combats, poursuivis dans le sud de l’île jusqu’à l’armistice local du 8 novembre 1942, font plusieurs centaines de morts. Ainsi, vingt-deux ans après le séjour de Georges de Gueyer, la rade qu’il avait connue assoupie dans la routine coloniale devint le théâtre du premier grand débarquement allié de la guerre — avant d’être remise en 1943 à la France Libre.
L’épilogue dépasse notre cadre, mais il faut le dire d’un mot : de cette accumulation de promesses trahies — celles faites aux tirailleurs de 1914-1918 comme à ceux de 1939-1945 — naquit l’explosion de mars 1947, l’insurrection la plus sanglante de l’histoire coloniale française à Madagascar, dont la répression fit des dizaines de milliers de morts, prélude douloureux à l’indépendance de 1960. Le 22e bataillon de tirailleurs malgaches, lui, n’était plus depuis longtemps qu’un souvenir d’archives : quelques registres à Vincennes, des tombes à Vannes — et, dans la mémoire d’une famille, l’image d’un jeune officier russe et de sa femme, débarquant en 1920 dans la lumière éblouissante de la baie de Diego-Suarez.
Sources et bibliographie indicative
— Document familial : « Le 22e bataillon de tirailleurs malgaches à la fin de la Grande Guerre » (synthèse à partir de Geneawiki, Mémoire des Hommes et études statistiques du contingent malgache).
— Chantal Valensky, Le Soldat occulté. Les Malgaches de l’Armée française, 1884-1920, Paris, L’Harmattan, 1995.
— « 22ème Bataillon de Tirailleurs Malgaches 1914-1918 », Geneawiki (carré militaire de Vannes-Boismoreau) : fr.geneawiki.com.
— « Tirailleurs malgaches » et « 12e bataillon de tirailleurs malgaches », Wikipédia ; « Madagascar dans la guerre 14-18, étude statistique des soldats natifs de l’île », grande-guerre-1418.com.
— Ministère de la Guerre, Manuel élémentaire à l’usage des officiers et sous-officiers appelés à commander des indigènes coloniaux (Indochinois – Sénégalais – Malgaches) dans la métropole, fasc. 3 : Malgaches, 1923 (Gallica/BnF) ; manuel « à l’usage des gradés européens servant dans les régiments de tirailleurs malgaches », v. 1900 (Service historique de la Défense, Vincennes).
— « Expédition de Madagascar », « Colonie de Madagascar et dépendances », « Bataille de Madagascar », Wikipédia ; « La pacification de Madagascar (1896-1905) », Images & Mémoires ; Herodote.net, « 1er octobre 1895, Madagascar sous protectorat français ».
— « Gallieni et la colonisation de Madagascar » et « À Madagascar, la base navale coloniale cosmopolite de Diego-Suarez (1885-1973) », histoirecoloniale.net ; CNES-Géoimage, « Antsiranana et le nord de la Grande Île » ; La Tribune de Diego (latribune.cyber-diego.com), articles historiques sur le port, la Résidence et la guerre de 1942.
— Sur la VVS et Jean Ralaimongo : Vy Vato Sakelika et Jean Ralaimongo (Wikipédia) ; L’Express de Madagascar, « Un mouvement nationaliste de jeunes en pleine guerre » ; « La grande guerre du côté des Malgaches : quelles perspectives pour des colonisés ? », Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 255 (Cairn).
— Sur la révolte des Sadiavahe : Petite encyclopédie du Grand Sud de Madagascar, Presses universitaires de Bordeaux (OpenEdition).
— Sur l’économie et les villes : Britannica, « Madagascar, history » ; Banque mondiale, The Economic Development of Madagascar ; projet TIRAERA (AEFE, Lycée français de Tananarive).